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L’ancien prieuré de Leugney, situé sur la route de Vercel à Baume les Dames, entre Bremondans et Orsans, appartenait à l’ordre de St Augustin ; dédiée à la Nativité de Notre-Dame, l’église est inscrite à l’Inventaire des Monuments historiques depuis le 15 Juin 1926
  L’histoire :
Au début du 11ème siècle, Rodolphe III, roi de Bourgogne, donne à son chapelain, Hugues de Salins, en reconnaissance de ses services, l’église de Leugney avec ses dîmes, et ses dépendances : les chapelles de Villare sancti Lazari (Monts de Villers), Ossens (Orsans), et Rengavilla (Passavant).
Devenu archevêque de Besançon, Hugues 1er de Salins, comblant de ses largesses l’Abbaye de St Paul de Besançon, où il souhaite reposer après sa mort, lui lègue le domaine de Leugney en l’an 1044.
Au 16ème siècle, lorsque le chapitre de St Paul disparaît, le patronage de l’église est octroyé à un chanoine de l’Eglise métropolitaine, le Prébendier de Miserey, succédant ainsi aux prieurs qu’on nommait Obédienciers.
L’année terrible de 1639 (guerre de dix ans) a miraculeusement épargné l’église.
     
L’architecture :
L’église a conservé un clocher porche roman à quatre étages, percé de meurtrières, dont la galerie supérieure est aérée de baies à deux et trois arcades soutenues de colonnettes à chapiteaux historiés - palmettes, rinceaux et lions, l’ensemble procédant du style rhénan.
On pénètre par un porche bas dans la nef - aux murs conservés du 12ème siècle - très ajourée de fenêtres cintrées, percées au 17ème siècle à la place des étroites ouvertures romanes.
Le chœur, éclairé de trois fenêtres gothiques à meneaux, est voûté en croisées d’ogives, aux culs-de lampe ornés des emblèmes des Evangélistes.
On découvre à droite, le cul de lampe à une tête d’aigle, pour St Jean ; celui de gauche représente une tête d’homme, attribut de St Matthieu.
L’abside, de forme polygonale, est raidie par des contreforts-colonnes, et accostée de deux chapelles, cet ensemble datant du 16ème siècle.
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  Celle de droite était dédiée à St Michel, et constituait l’oratoire seigneurial de la noble famille des Leugney. Elle contient deux tombes remarquables :
L’une porte en son centre un écusson gravé : un sautoir losangé avec, gravé autour : ci-gît Bedal de Leugney, écuyer, trépassé depuis le grand jeudi béni (jeudi saint), l’an 1410. dont Dieu ait l’âme, ainsi soit-il.
L’autre porte, autour d’une croix gravée, l’inscription : cy gît l’honorable Lanternier de Leugney, lequel trépassa le 23ème de Juing 1564. Dieu ait son âme. Au milieu du flanc droit de la nef, s’ouvre un portail appelé la « chapelle des Catéchumènes » (15ème-16ème s.) ; elle est voûtée en croisée d’ogives, agrémentée de bancs de pierre. Elle contient deux tombes plus récentes.
     
Le mobilier :
Les retable et tableau des fonds baptismaux sont classés ; la cuve en pierre comporte une cuve octogone avec un bassin en plomb dissimulant une gravure de 1628 : « Faict ici po- - Iaques Clerget ».
Un beau Chemin de Croix complet entoure la nef ; les murs sont ornées de statues de valeurs inégales, telle cette « Dame aux miroirs » en bois doré ou la Vierge Marie, don de Mme veuve Masson en 1860.
Les remarquables autels de droite et de gauche sont respectivement « pratiquées tous les lundis (pour Marie)
– pratiqués tous les vendredis (pour Joseph) »
Deux toiles anciennes ornent le chœur : Notre-Dame du Rosaire du début du 17ème s. inspirée de la Vierge de Fra Bartolomeo (cathédrale St Jean de Besançon) ; l’auteur est franc-comtois : un de Loisy.
La Vierge assise au donateur, de même époque ; elles est entourée de St Sébastien, St Benoît et d’un donateur ecclésiastique dont les armoiries : « d’azur à la tête de cheval arrachée d’argent, lampassée de gueules, parties d’or à trois têtes d’aigle arrachées de sable, deux en chef, une en pointe » appartiennent aux familles Colin-Valoreille et Franchet.
 
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  Dans la chapelle de gauche, on peut admirer des statuettes - malheureusement mutilées - en bois ou en pierre, pour la plupart polychromes, datant des 14ème au 17ème siècle :
La statue en pierre de l’évêque St Ursin de Bourges, accosté d’un ours; St Sébastien, bois polychrome (15ème s.) 
En bois polychrome : St Michel pesant les âmes et terrassant le démon, (l’épée est manquante) ;
St Pierre assis,
St Antoine et son cochon au mi- lieu des flammes ;
la Vierge assise (16ème s.) ;
St Maur, pierre polychrome ;
La statue en pierre de la Vierge debout (17ème s.) ;
     
Objet de pélérinage de Leugney, on vénérait jadis la Vierge ouvrante ; elle avait été échangée fin 1800, à un prédicateur, contre une aube.
De facture allemande du 15ème siècle en bois polychrome, c’est Notre-Dame portant l’Enfant-Jésus, tous deux couronnés. Sa robe bleu-nuit fleurdelisé s’ouvre, faisant apparaître le mystère de l’incarnation :
Dieu le Père assis, tenant jadis un Christ en croix, et la colombe du St Esprit, ces deux derniers, disparus aujourd’hui. 
 
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  La porte latérale droite est particulièrement originale, qui donne accès à la petite chapelle des catéchumènes dans le cimetière.
Toute une ferraille composée de scies, étrilles, fers de chevaux, faucilles, est accrochée sur une porte de l’époque Louis XV, sans symétrie ni volonté d’ornementation.La tradition de Leugney est muette sur la signification de ces « ex-voto » singuliers, qui sont peut-être l’offrande de chacun des morts qui reposaient non loin de là.
(On retrouve l’exemple dans d’autres sanctuaires anciens, tel le prieuré de St Romain de Roche dans le Jura, dont la porte est couverte d’anciennes lames de coutelas, ou encore à Embrun, à Bar-le-Duc : ce sont des fers de chevaux qui sont cloués sur la porte des églises).
Cette accumulation d’objets rustiques apparaît comme l’empreinte d’une tradition antique conservée par le christianisme.
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La nef contient d’autres pierres tombales : devant la table de communion particulièrement ouvragée :
CY GIT MESSIRE ANT .DELOELE CURE DE LEUGNEY A DECEDE LE 17 AOUST 1756 AGE DE 76 ANS DIEU AYE SON AME
Et au milieu de la nef :
- CY GIT ELISABETH NICOLAS FEMME DE LOUIS TRIPARD DORSAN DECEDE LE 23 MARS 1702 REQUIESCAT IN PACE
- ICI GIT HONORABLE GENGVLPH PERGAUD DE LEUGNEY DECEDE LE 22 OCTOBRE 1689.
Les siècles ont patiné les épitaphes des autres pierres tombales.
Dans cette petite presqu’île de l’église qu’enserre l’Audeux, et qu’on nomme « l’Ile des Dreux » le voyageur aime à partager son émotion sur le registre de l’entrée.
D’autres monuments, dignes d’intérêt et proches, restent à découvrir tels que la Chapelle N.D des Malades à Vercel, Eysson (chevet 12ème), Abbaye de la Grâce-Dieu (12ème-18éme)

Christian Voidey – juillet 2007

 

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